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Présentation

Présentation historique
HISTORIQUE GENERAL
Corserey: Comune du district de la Sarine, Canton de Fribourg s'étend sur 344 hectares, (1988). Situé à 669 mètres d'altitude, le village s'étire sur le côté gauche de l'Arbogne à environ 2 kilomètres au sud-ouest de Prez.

Anciennes formes:
Corserei au12e siècle
Corserer en 1322
Corseray (Kuenlin)
Le nom de Corserey est dérivé de Curtiacum, domaine d'un Curtius, gentilice romain. On trouve dans les environs diverses ruines romaines qui prouvent que cette localité est très ancienne; mais ses premiers seigneurs nous sont inconnus jusqu'au XIIe siècle.

Conon d'Estavayer y possédait des terres que tenait le chevalier Philippe de Cottens. Entre les années 1150-1157, Conon fit don au monastère d'Hauterive de toutes les terres que tenait de lui Philippe de Cottens, à Cottens, à Lentigny, à Corserey, à Berlens et à Onnens, soit le quart de tout le territoire d'Onnens qui était un alleu de l'église de Lausanne; c'est pourquoi le couvent lui payera annuellement une livre de cire.
Hauterive livra 100 sols au donateur par reconnaissance. Cette donation fut faite en présence de nombreux témoins et elle fut encore confirmée dans le parloir d'Hauterive en présence d'autres témoins, soit de Philippe de Cottens, de Girard, moine de Cherlieu, de Bertin de Font, et de Raymond d'Orsonnens.

Plus tard, les sires de Montagny étendirent leurs droits et juridictions sur Corserey et les conservèrent jusqu'à leur chute et à la ruine de leur château.

Jean Fabri (Favre) de Romont, demeurant à Payerne, vendit le 26 août 1470, à l'abbaye de Payerne, avec le consentement de sa fille Françoise, femme de Guillaume Gonel, donzel de Rue, des rentes dues par différentes personnes de Corserey. Le même Fabri, donzel et bourgeois de Payerne, légua à la même Abbaye, tout ce qu'il possédait à Corserey et à Lentigny.
Jean de Trevaul, clerc et bourgeois de Payerne, légua, en 1471 à la même abbaye, une rente annuelle de 8 coupes de froment, due par Pierre Crausaz pour le four de Corserey, pour le prix de 27 livres 10 sols laus.

Depuis 1474, Corserey forma un bailliage spécial.

Plusieurs seigneurs avaient des droits sur le village et territoire de Corserey: en 1484, Antoine d'Avenches vendit la moitié de la seigneurie de Corserey à Jean Pavilliard de Fribourg; le 10 mars 1515, le donzel Jean Champion, de Romont, seigneur de la Bastiaz, fils de feu le chevalier Antoine, coseigneur de Corserey, vendit à l'abbaye de Payerne toutes les possessions qu'il pouvait avoir dans cette localité pour le prix de 1200 livres.

François de Billens vendit aussi la même année ses droits pour 1711 livres.

Par acte du 29 avril 1520, signé Jean de Turiaco, de Payerne, Marie, femme noble Bastian d'Englisberg, bourgeois de Payerne, et sa soeur Bartholomée, épouse d'Antoine Mottet, bourgeois d'Avenches, fille de feu noble Pierre Renaulti, bourgeois de Payerne, coseigneur de Corserey, vendent à l'abbaye toutes les rentes, cens, dîmes qu'elles possédaient à Corserey pour 850 florins d'or.2

On dirait que l'abbaye de Payerne, voyant arriver l'orage qui grondait autour d'elle, voulut placer ses propriétés à Corserey pour en sauver une partie à la rapacité des grands et des petits, qui allaient couvrir le pays de ruines.

L'abbaye possédait plus de la moitié de la seigneurie de Corserey, au moment de la conquête du pays de Vaud en 1535 ; Petermann Amman possédait l'autre partie.

L'abbaye revendit sa part, le jour de la Saint-Georges 1526, à l'Etat de Fribourg 1'000 écus d'or, soit 3,583 livres 6 sols 8 deniers.
Amman revendit sa part en 1535, 632 livres. Fribourg devint ainsi possesseur de la seigneurie de Corserey.
ll permit, en 1538, au même conseiller Amman d'établir un moulin à Corserey.

Corserey forma dès lors un bailliage fribourgeois qui fut réuni à celui de Montagny en 1585.

De 1798 à 1803, Corserey fut rattaché au district de Payerne; de 1803 à 1815, à l'arrondissement de Montagny; de 1815 à 1848, à l'arrondissement de Fribourg ; en 1848, au district de la Sarine. Le coutumier en vigueur à Corserey était celui du canton de Vaud.

Le dictionnaire Frickner traitant de communes suisses fait mention d'un incendie du village par les troupes fribourgeoises en 1448. Suivant G.Castella p.110, cet événement serait à situer durant la guerre qui opposait les Fribourgeois aux savoyards alliés aux bernois pour des raisons politiques.
Bibliographie :

Dictionnaire paroissial, vol.5, de Appolinaire Deillon.
Dictionnaire historique de Kuenlin.
Dictionnaire historique et biographique de la Suisse de Société générale suisse d'histoire.
Histoire du canton de Fribourg de Gaston Castella.
LA CHAPELLE.
La chapelle fut bâtie et dotée entre les années 1440 et 1459. L'acte de cette fondation n'existe plus on ignore donc les noms des premiers fondateurs et bienfaiteurs de cette chapelle, qui avait peu d'importance à cette date. Elle n'est pas citée par la visite de 1453. Elle fut dédiée à Saint Sylvestre, à Saint Pierre et à Saint Sébastien.

En 1463, par un acte qui commençait par ces mots : Nos Humbertus Megena, vicaire-général de l'évêque Guillaume de Varax, Jean, fils de Rolex Noschet y fit une fondation. ll donnait une rente de 40 sols à laquelle les gens de Corserey y ajoutaient encore 20 sols, pour l'établissement d'une messe en l'honneur de Saint Sylvestre que le curé de Prez devait y célébrer à perpétuité, chaque mercredi de l'année. Le capital était placé sur une pièce de terre appelée: Le marêt du bois. Le curé devait fournir les cierges, les hosties et le vin. (Arch. de la cure).

Vers 1500, la chapelle devient plus importante: quatre cardinaux accordent 100 jours d'indulgence à ceux qui la visiteront. Le vicaire général d'Aymon de Montfaucon, y ajouta 40 jours, (le titre est perdu).

Quelques années plus tard, en 1513, toute la population, animée d'un grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, prit la résolution de créer un bénéfice suffisant pour l'établissement d'un chapelain dans le village.

A la tête du mouvement apparaissent deux prêtres, dont l'un était probablement de Corserey et l'autre de Mannens. ll paraît que chaque famille donna avec générosité; ces vingt et quelques noms de chefs de famille sont l'indice d'une population de 200 à 250 âmes. Le premier après les prêtres, c'est le gouverneur de commune, soit le syndic, et ensuite noble Jean Amman, qui était coseigneur de Corserey.

L'acte de fondation, en latin et écrit sur parchemin, est assez bien conservé.
L'EGLISE.
Patron : Jadis, saint Silvestre ; aujourd'hui saint Pierre.

Corserey est situé à mi-chemin entre Prez et Torny-le-Grand, à l'endroit où la route Chénens-Lentigny rejoint perpendiculairement celle de Fribourg-Romont par Rosé.

Corserey faisait partie anciennement de la paroisse de Prez. Une chapelle, dédiée à saint Silvestre, à saint Pierre et à saint Sébastien, y avait été construite entre 1440 et 1459. Elle avait été reconnue, le 21 octobre 1463, par le vicaire général (de l'évêque) de Guillaume de Varax. Puis une chapellenie y fut fondée en 1513, avec cette réserve, ajoutée l'année suivante à la demande du curé de Prez, que le chapelain serait exclusivement au service de la paroisse-mère les dimanches et jours de fête. C'était lui enlever une partie de sa raison d'être et paralyser les bonnes volontés qui eussent peut-être songé à améliorer les fonds insuffisants de la chapellenie de Corserey; aussi cette dernière est-elle restée vacante à partir de 1600 environ. Mgr de Strambin essaya, sans succès, de la rétablir. Cent ans plus tard, Mgr J.N. de Montenach prit au contraire le parti de l'église de Prez (1777). Les habitants de Corserey s'adressèrent alors à l'archévêque de Besançon, le métropolitain de notre diocèse qui se prononça en leur faveur (1782) ; mais les événements politiques - la Révolution française - ne lui permirent pas de poursuivre cette affaire, si bien que ce fut seulement en 1832, après une interruption de près de deux siècles et demi, que Mgr Yenny rétablit le poste de chapelain. Enfin, en 1900, Corserey a été détaché de Prez et érigé en paroisse autonome.
L'église, malgré ses contreforts extérieurs très apparents qui lui donnent un aspect gothique, est néo-romane. Elle a été construite par M. Fraisse, architecte. Commencée en 1895, elle a été consacrée par Mgr Bovet le 12 novembre 1912 et dédiée à saint Pierre. Elle présente cette particularité de posséder une sorte de transept derrière les deux autels latéraux qui en masquent les extrémités; il est recouvert, ainsi que la nef, par une voûte en bois à trois pans quadrillés, soutenue par des supports qui s'appuient assez bas sur des consoles.
Le chemin de croix, habillement suggestif, qui forme comme un bandeau immédiatement sous les fenêtres, est de M. Jules Schmid (1943).
Vitrail de M. Paul Monnier
On a placé, en juin 1948, au fond de l'abside, un beau et grand vitrail de M. Paul Monnier, représentant saint Pierre avec ses attributs. Dominant l'autel dans toute sa largeur et enveloppé (quand on le voit depuis la nef) par l'arc triomphal en plein cintre qui sépare le choeur d'avec le transept, il rutile aux feux du soleil couchant - car l'église de Corserey est tournée du côté de l'occident - et irradie tout le sanctuaire de ses rayons lumineux. A l'occasion du cinquantenaire de la paroisse, M. Monnier a poursuivi, en 1950, la décoration de l'église de Corserey : il a placé dans la nef huit vitraux comportant chacun, dans un cartouche vertical, le saint qu'on l'avait chargé de représenter, encadré, des deux côtés, par des anges aux lignes gracieuses et toujours légèrement différents, et il a disposé au bas de chaque verrière une scène horizontale. Du côté de l'épître, se suivent: saint Joseph, saint Alphonse, saint Sébastien et, sous la tribune, saint Tarcisius ; du côté de l'évangile: Notre -Dame auxiliatrice, sainte Cécile, sainte Elisabeth et sainte Maria Goretti. Au fond, le cycle s'achève par des vitraux plus petits, placés des deux côtés de l'entrée.
Avec son choeur majestueux, nouveau dans sa conception et dont la teinte jaunâtre contraste avec le brun foncé de la tribune, et grâce à ses nombreuses verrières, qui en font maintenant tout le tour, l'église de Corserey présente, en plus d'une belle originalité, une belle et lumineuse unité.
ARCHEOLOGIE.
Un manuscrit de J-J RUFFIEUX, dans lequel il est question du tracé de voies romaines dans le canton de Fribourg (1864), signale la présence de vestiges romains à Corserey, sans en préciser la localisation.

Le Lessy Des quarzites portant des traces de feu (vestiges de foyers) ont été mis à jour en 1979. lls peuvent témoigner de la présence à cet endroit d'un habitat préhistorique.

Découverte de quelques fragments de tuiles romaines en 1983.
QUELQUES LIEUX-DITS.
Explication succincte des noms de lieux-dits:

Champ des Pierres
Souvent en relation avec la présence de ruines enfouies.

Châtelard
Peut indiquer la présence de ruines d'édifices anciens. Dérivé du latin castellum, château.

Les Petits Esserts
Dérivé du bas-latin exsartum, "défrichement, terre défrichée". Souvent lié à la présence de vestiges romains.

L'Essert Vignoux
Idem

Pré de la Fontaine
Indique l'emplacement d'une source. ll n'est pas rare que des anciens vestiges de captage (ou de culte) soient liés à de bonnes sources.
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