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Chroniques villageoises
La mort du vieux chêne.
Le vieux chêne est  mort
Cette énorme bille faisait plus de 12 m3 sans compter plusieurs surbilles.
Il resta suffisamment de branches pour remplir 17 chars.
Pour la scier, il fallut souder deux scies à rabot de deux mètres.
Le transport à la fabrique de placage de Rohrbach nécessita l'emploi d'une grue de l'armée et il fallut renforcer la remorque, car la première se brisa sous le poids de cet arbre séculaire.

Ce chêne était propriété des demoiselles Defferard et fut vendu à M. Emile Huber, ancien laitier.
Photo prise en 1946.
Debout devant la bille, de gauche à droite: MM. Emile Huber, Paul Genilloud, Joseph Brülhart.
Assis, de gauche à droite: MM. Gustave Vuarnoz, Arsène et Gilbert Genilloud, Séraphin Brülhart, Lucien Genilloud, Romain Brülhart et Joseph Vuarnoz.
Bulletin villageois, décembre 2000, Gabrielle Vuarnoz
L'église et la paroisse de Corserey.

L'église et la paroisse datent des années 1900. Mais revenons un peu en arrière.

La population du village faisait "paroisse" avec Prez-vers-Noréaz. L'entente n'était pas toujours très cordiale. La paroisse de Prez avait installé de nouvelles cloches. Mais le coût avait dépassé largement le montant prévu; ce qui entraîna un impôt
supplémentaire et le mécontentement des gens.
Petit à petit, la population du village cherchait à devenir autonome. Il y eut une assemblée communale afin d'étudier le problème. A part quelques opposants, les citoyens décidèrent à une forte majorité de se séparer de Prez et de s'ériger en paroisse.

Mais la partie n'était pas encore gagnée. Le curé-doyen de Prez, M. Genoud avec son ami le Vicaire Général de l'Evêché, Mgr Currat, qui empiétait un peu sur l'autorité de l'Evêque du diocèse, Mgr Déruaz, s'opposaient radicalement à la séparation. Des raisons un peu futiles: le village de Corserey fournissait les meilleurs chantres à la chorale et d'autre part, la paroisse de Prez perdait des contribuables intéressants pour financer ses dettes.

Pour Corserey, le projet de se séparer était donc bloqué. Heureusement, une personnes qui connaît bien le Droit Canon (les lois de l'Eglise romaine) les tira d'embarras. Dans une lettre qui fut adressée au Vatican, par l'intermédiaire de la Nonciature
à Berne, il donna plusieurs raisons de former une nouvelle paroisse entre autres: la distance qu'il y avait pour se rendre aux Offices à Prez et d'autre part, la commune avait la Chapellenie restée vacante et les moyens nécessaires pour loger et rénunérer un curé. La réponse de Rome fut favorable et encourageante: le Vatican donnait l'autorisation de fonder une nouvelle paroisse.

La Commune de Corserey s'adressa à l'architecte Fresse qui fit les plans de l'église actuelle et un devis de Fr. 44'000.- La population s'organisa pour répartir les travaux afin de diminuer le plus possible les frais de construction.

Sous la direction de l'instituteur, M. Deillon, des équipes furent désignées pour le creusage et l'aménagement du terrain; ceux qui avaient des attelages se chargeaient d'aller chercher le matériel nécessaire: le gravier, le sable, les briques, le bois de charpente, etc... Tout ce passait en parfaite harmonie.

Cependant, un petit détail mérite d'être relevé: un différend entre le Conseil communal et l'architecte, M. Fresse, qui était franc-maçon, ne voulait pas édifier un autel à la Sainte-Vierge et réservait la place pour la chaire. Après d'âpres discussions, il accepta de monter l'autel et de mettre la chaire sur le côté.

Comme c'était la coutume à ce moment-là, lors de la construction d'une église, on inscrivait une devise ou un texte tiré des Saintes Ecritures.

Dans notre église, il y avait, au-dessus des deux arcs de la nef et du choeur, la phrase en latin, sur un ruban bleu-clair:
"Hic Domus Dei est... et Porta Coeli" ,
ce qui veut dire: Ici est la maison de Dieu... et la Porte du Ciel.

L'église achevée, l'Evêque du Diocèse, Mgr Déruaz dirigé et accompagné par un prêtre car il était presque complètement aveugle, fit la consécration avec comme patron St-Pierre.
Bulletin villageois, décembre 2000, Firmin Chatagny
L'horloge de l'église de Corserey.


L'horloge et son horloger

Cette horloge a été posée par la maison L. Crot à Granges (Soleure) en 1921 cette maison existait depuis 1752 déjà et a été fabriquée dans les atelier Louis Delphin Odobey de Morez dans le Jura. Des milliers sont sortis des ateliers de cette maison.
Depuis son installation, ce modèle n'a jamais fait faux bond.
Son horloger n’est autre qu’un natif du village qui fait ce travail depuis 1989. Nicolas Chatagny « Monsieur Greenwich » remonte manuellement cette horloge toutes les semaines.
Cette horloge sonne les heures et les demi-heures. Une des trois cloches (photo de droite) est utilisée pour l'horloge, les deux autres sont réservées pour l'Angélus et les informations spécifiques de fête ou deuil. Les mécanismes inhérants à l'horloge sont entraînés par des contre-poids (principe d'un morbier), un contre-poids pour l’horloge et un deuxième pour la sonnerie (photo du centre). Sur cette photo du centre vous apercevez aussi le contre-poids de la l'horloge à gauche de Monsieur Nicolas Chatagny.

Merci Nicolas l'heure c'est l'heure !
A propos des orgues.
L'église terminée, il fallait installer des orgues à la tribune. Jacques Chatagny du "Moulin" qui était musicien et un peu organiste à ses heures avait un petit orgue. Malheureusement, il ne convenait pas pour une église; il avait plutôt la résonance des orgues de Barbarie. Le Conseil décida alors d'installer un orgue neuf, mieux étudié pour les chants religieux.

Afin de collaborer aux frais, les jeunes gens, avec l'aide de l'instituteur, firent un peu de théâtre. Ils jouèrent quelques comédies, en plusieurs séances, ce qui attira bien des gens du dehors. Heureux de leur succès, nos comédiens s'enhardirent d'aller donner une représentation à Romont.

Malheureusement, ils ne firent pas "salle comble" ! La population de la ville appréciait davantage la troupe romontoise de comédiens qui était plus stylée dans l'interprétation et le choix des pièces. La recette fut mince. Notre petite troupe rentra au village, dépitée et déçue de leur échec. Un des acteurs marmonnait en patois, avec rancoeur:" Il est autant dommage d'aller jouer du théâtre à Romont que de donner de la confiture à un cochon avec une cuillère en argent."
Bulletin villageois, décembre 2000, Firmin Chatagny
De la vieille auberge... au Café du Châtaignier.
La commune de Corserey voulait avoir son Café. Mais voilà ! il y avait un obstacle. A la ferme de M. Emile Winiger se trouvait la "Vieille Auberge", appelée ainsi à cette époque.

M. Eugène Chatagny et son épouse Mme Catherine, née Wigger, ainsi que ses deux frères, Jacques et Isidore, restés célibataires, exploitaient le domaine et l'auberge. Dame Catherine menait son petit monde de main de maître. Son mari devait souvent jouer aux cartes pour entretenir la clientèle. Mais malheur s'il perdait la partie et devait payer sa part. Sa chère épouse venait le chercher et le conduisait "manu militari" dans leur appartement privé.

La Commune qui voulait arriver à ses fins, délégua le "régent" Monnard pour aller parlementer avec la famille Chatagny, afin d'obtenir la renonciation à l'exploitation de leur auberge un peu vétuste et le rachat de la patente. Après d'âpres discussions, les deux parties intéressées fixèrent l'indemnité à Fr. 10'000.- , ce qui était une belle somme pour l'époque.

Avec l'accord également de l'Etat, la Commune put donc construire son "Café du Châtaignier".
Bulletin villageois, décembre 2000, Firmin Chatagny
Les débuts du téléphone.
Le central téléphonique vient en effet de changer d'emplacement. Un nouveau bâtiment, situé au lieu-dit "La Maison Rouge" à Prez-vers-Noréaz, abrite désormais les nouvelles installations. Les anciens locaux mis à disposition à l'école de Corjolens ne permettaient pas les agrandissements nécessaires et, de plus, l'équipement technique, datant de 1935, devait être renouvelé.

Le téléphone fit son apparition dans la région en 1896; il s'agissait de stations communales installées chez des particuliers: à Noréaz, chez Mme Guisolan; à Onnens, chez M. Pierre Barbey; à Prez-vers-Noréaz, chez M. L. Bertherin. Dès 1899, M. Théodore Chatagny desservit le téléphone communal de Corserey et dès 1908, Mme Marie Aubert celui d'Avry-sur-Matran. C'est également en 1908 que M. A. Rossier de Gottrau, de Lovens, fit installer le téléphone à son domicile. Ainsi, presque toutes les localités de la région possédaient au moins un téléphone. Tous ces abonnés étaient alors reliés directement au central de Fribourg par l'intermédiaire de lignes aériennes.

Par la suite, deux centraux manuels furent installés: l'un à Rosé et l'autre à Prez-vers-Noréaz, dans le bâtiment de la poste. Le central de Prez disparu en 1935, lors de l'automatisation de celui de Rosé.
Ce réseau local, qui comprend les localités d'Avry-sur-Matran, Corjolens, Corserey, Courtaney, Lovens, Noréaz, Onnens, Rosé, Prez-vers-Noréaz et Seedorf comptait alors 40 abonnés. Durant les décennies suivants, le rythme d'accroissement s'accéléra de façon réjouissante; ainsi le nombre des abonnés passa de 63 en 1945 à 130 en 1955; de 290 en 1965 à 381 en 1970.
Bulletin villageois, décembre 2000, Francis Chatagny
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e-mail: commune@corserey.ch
Secrétariat de CH-1747 Corserey

Dernière modification le 21 mars 2010
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